Auteur/autrice : Claire

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    Contenu informatif uniquement. Les articles de Lucine présentent des données issues de la recherche scientifique publiée. Ils n’ont pas vocation à remplacer l’avis, le diagnostic ou la prescription d’un professionnel de santé. Si vous avez des inquiétudes concernant votre santé, consultez un médecin.

    Intro

    J’ai 27 ans, et j’ai passé 6 ans de ma vie à l’université, à étudier la biologie. Science pour la santé, physiopathologie, immunologie… je suis passé par différentes spécialités, j’ai lu des centaines d’articles, rédigé des dizaines de rapports. J’ai donc un certain bagage scientifique.

    Il y a deux ans, j’ai voulu me mettre sérieusement à la musculation. Forcément, mes algorithmes l’ont vite compris, et j’ai été bombardée de conseils fitness.
    « Il faut faire 3×18 répétitions » « l’optimum est 4×12 répétitions » « la créatine est indispensable » « il faut aller à l’échec » « un peu tous les jours » la cardio au début » « le cardio à la fin ».

    Perdue dans ce brouhaha, j’ai décidé de prendre le sujet comme un projet d’université : j’allais simplement éplucher PubMed et Google search et réaliser ma propre revue de littérature. En sélectionnant, bien entendu, des papiers avec une méthodologie solide, appliquée à mon cas.
    Quelle ne fue pas ma surprise (non) de m’appercevoir que 1. les études sont principalement réalisées sur des hommes et que 2. les conseils de mes influencereuses prefférées ne sont pas *du tout* adaptés à mon cas.

    Exemples de conséquences

    Ici, je vais utiliser les termes « femme » et « homme » pour définir des catégories biologiques basées sur une différence chromosomique; c’est ce qui est utilise dans la littérature scientifique. La réalité biologique n’est cependant pas binaire, j’en parle ici, et le genre est une toute autre histoire, j’en parle là.

    Il existe des différences physiologiques entre les sexes susceptibles d’entraîner des variations de la pharmacocinétique et/ou de la pharmacodynamie pour certains médicaments. Il est important de déterminer si ces différences sont cliniquement pertinentes, car elles peuvent avoir une incidence sur la sécurité ou l’efficacité des produits prescrits chez l’homme et chez la femme.
    Je pense aux différences entre les niveaux d’hormones circulant, comme la testostérone et l’estradiol, ou la composition corporelle comme répartition des graisses. C’est tout bête, mais les femmes ont généralement une masse corporelle plus faible que les hommes; prendre le même médicament induit donc plus de molécule active dans leur corps.
    Par exemple, parmi les hommes et les femmes qui fument le même nombre de cigarettes, les femmes présentent un risque accru de 20 % à 70 % de développer un cancer du poumon.
    Pendant des années, les américaines ont pris des Ambian (Zolpidem, un somnifère) à une dose “normal”: le lendemain matin, elles en avaient 2 fois plus dans le corps, ce qui a conduit a des accidents de voitures.

    Biais cliniques: sous-représentation des femmes dans les études cliniques de phase I et II

    Dès qu’on s’intéresse à la recherche, on observe vite que la science a souvent traité les femmes comme de petits hommes.

    C’est ce qu’on appelle l’androcentrisme.
    Quelques chiffres :

    80% des études précliniques sont réalisées uniquement sur des souris mâles.

    < 30% des participant.es aux études cliniques de phases I sont des femmes.

    Androcentrisme historique, facteurs sociaux culturels et reglementaire

    Plusieurs maladies auto-immunes — polyarthrite rhumatoïde, lupus, sclérose en plaques — présentent des fluctuations symptomatiques corrélées au cycle menstruel. La phase lutéale (haute progestérone) est souvent une période d’accalmie relative ; la phase prémenstruelle et les règles, une période d’aggravation. Cette variabilité cyclique, longtemps ignorée en clinique, commence à être prise en compte dans certains protocoles de suivi.

    Initiatives et bonnes pratiques: pistes d’amélioration

    Sources

    1. [1] Arck PC, et al. Progesterone during pregnancy: endocrine, immune and cellular implications. Am J Obstet Gynecol. 2007;197(6 Suppl):S7-21.
    2. [2] Piccinni MP, et al. Defective production of both leukemia inhibitory factor and type 2 T-helper cytokines by decidual T cells. Nat Med. 1998;4(9):1020-1024.
    3. [3] Curry AE, et al. Progesterone receptor expression on peripheral blood NK cells in early human pregnancy. J Reprod Immunol. 2008;76(1-2):74-81.